Bilan Découverte: Dark Souls 2: Scholar of the First Sin

Dark Souls 2: Scholar of the First Sin

Développeur: FromSoftware
Éditeur: Bandai Namco Games
Date de sortie: 1er avril 2015 (11 mars 2014 pour la version originale)
Plate-forme d’essai: Xbox One
Genre: Action-aventure

Alors que j’écris ces lignes, je regarde ma blonde jouer à A WORLD OF KEFLINGS. Y’a plein de petits bonhommes cutes avec des drôles de chapeaux qui te disent exactement qu’est-ce qu’ils sont et à quoi ils servent. Y’a des plans qui te donnent exactement la liste des composantes dont t’as besoin pour construire une structure. Y’a des indications claires pour te pointer la direction à suivre quand vient le moment de compléter des quêtes. Oui, je regarde ma blonde jouer à l’équivalent de BABY’S FIRST XBOX GAME et je l’envie.

Je l’envie parce qu’elle n’a jamais joué à DARK SOULS 2.

Au commencement étaient les ténèbres

Tout a commencé lundi passé quand j’ai lancé sur Twitter: « Une idée comme ça: DARK SOULS pour mon prochain Weekend Découverte. Qui a envie de m’écouter sacrer pendant toute une fin de semaine? » Je peux donc pas aller dire que je l’ai pas vu venir; je m’attendais même à trouver ça dur. Le problème, c’est que le gars qui s’est pété les bretelles au début de la semaine était pas le même qui aurait éventuellement à se prêter à l’experience une fois arrivé au weekend.*

Mais, de la même façon qu’Hemingway conseillait de toujours remplir ses promesses d’ivrogne une fois sobre, je me suis quand même plié à l’expérience, ne serait-ce que pour pas miner ma crédibilité de streameur dans ma deuxième semaine de carrière. Conformément au principe établi dans le cadre de mes Weekends Découverte, je suis allé au club vidéo louer DARK SOULS 2: SCHOLAR OF THE FIRST SIN.

*C’est un fait scientifique bien connu découvert au terme d’expériences en neurologie: les régions du cerveau qui sont stimulées lorsqu’on pense à autrui sont les mêmes que lorsqu’on pense à ce qu’on doit faire plus tard. C’est pourquoi l’être humain a tant de facilité à reporter les tâches moins agréables: il les considère littéralement comme le problème de quelqu’un d’autre.

Au coeur de la nuit

Imaginez-vous soudainement parachuté au milieu d’un pays inconnu. Vous ne connaissez ni la langue ni les coutumes des habitants. Vous ne savez pas comment fonctionne leur monnaie. Vous ne savez pas où trouver les toilettes ni comment vous servir des trois coquillages. Vous ne savez même pas ce qui est illégal ou non.

Et personne ne semble disposé à vous aider.

thehorrorAu mieux, vous trouvez, ici et là, des graffitis laissés par d’autres infortunés, des messages parfois utiles, parfois malicieux, mais toujours sibyllins et laconiques. Impossible de faire quelques mètres sans tomber sur l’un d’eux. Mais des habitants eux-mêmes, aucune aide. Vous êtes condamné à un long apprentissage par l’échec, une leçon scandée par la douleur et rythmée par la mort.

Toujours la mort.

Désolé pour le lyrisme de ces derniers paragraphes, mais je ne peux pas m’empêcher de sortir les grands mots devant une beauté aussi sauvage et impitoyable que celle de DARK SOULS 2.

Vraiment, le mot « sublime » a été inventé pour décrire la majestueuse terreur qu’inspire un monde comme celui-là.

La révolte

Par contre, il y a des mots d’un tout autre registre qui me viennent quand je pense à la pure frustration que m’a causée ce jeu. Ça faisait longtemps que je j’avais pas été envahi par un tel sentiment de futilité. Mon essai s’est étendu sur trois jours et il a parcouru toujours le même cycle:

  1. « Ben voyons, c’est pas faisable, ça… »
  2. « Oh YES! Là ça marche. Là on joue à DARK SOULS! »
  3. « Hmmm… je sais pas si je devrais pousser plus loin… »
  4. « WHAT THE F##K?! »
  5. « …bon, on recommence, c’est pas grave… »

En d’autres mots: la majeure partie de mon temps passé dans ce jeu a été teinté de colère et de gnnNNNNNHH!

Avant que vous m’accusiez de baisser facilement les bras, oui, je l’avoue: j’aime la simplicité. Donnez-moi des gars qui se tiennent toujours à la même place avec des points d’exclamation jaunes au-dessus de leur tête. Donnez-moi des repères qui brillent au loin avec la distance qui reste à parcourir en temps réel. Donnez-moi des cartes dégoulinantes d’icônes avec une légende à quatorze options. Donnez-moi des tutoriels. Des journaux. Des indices. Des objectifs.

Mais…

De retour dans la lumière

Ces temps-ci, je regarde beaucoup de streams de jeux rétro, des vieux classiques comme CASTLEVANIA ou STARFOX. Je ne regarde pas ces streams-là parce que je trouve les jeux beaux; les graphiques ont, pour la plupart, l’air d’avoir été vomis par une calculatrice. Quant aux histoires, on repassera; quand il y en a une, elle tient dans une phrase et relève plus du prétexte que d’un véritable récit.

Et, on se le cachera pas, ces jeux-là sont c#####ment durs.

Non, quand je regarde quelqu’un streamer un BART’S NIGHTMARE ou un ALTERED BEAST, c’est pour pouvoir admirer leur habileté à surmonter tous les obstacles que le jeu leur jette au visage. C’est pour les voir triompher d’un défi qui ne leur fait aucun cadeau.

Dans le fond, c’est le même trip viscéral, je crois, que les gens recherchent avec la série DARK SOULS. Quand tu élimines six ennemis qui te tendaient une embuscade, c’est comme atterrir sans s’écraser sur le porte-avion de TOP GUN. Quand tu trouves un item caché dans un recoin caché de la map invisible, c’est comme finir la course dans BATTLETOADS. Et quand tu bats un monstre de la taille d’un complexe de stationnement, c’est comme désamorcer à temps toutes les bombes du barrage dans TEENAGE MUTANT NINJA TURTLES.

Réussir à DARK SOULS, c’est un exploit que je peux seulement admirer et j’ai que du respect pour ceux qui y excellent. Mais ce n’est pas pour moi. Je comprends ce que d’autres y voient sans toutefois y trouver moi-même du plaisir.

Et quand on a pas de plaisir…

Conclusion

Je ne vous le cacherai pas: mon Weekend Découverte sur DARK SOULS 2: SCHOLAR OF THE FIRST SIN a été éprouvant. Je suis constamment passé de la confusion à la consternation et vice versa. Les rares succès que j’ai eus ont été ensevelis sous des montagnes d’échecs cuisants.

Par contre, en toute objectivité, j’ai aussi découvert un jeu fin et complexe, un jeu intransigeant qui ne laisse aucune chance. Aucune, dirais-je, que celle de toujours devenir meilleur si on persévère, si on reste à l’affût de tous les détails élusifs et si on tire les leçons qui s’imposent de ses inévitables erreurs.

Il y a une leçon de vie là-dedans, certes, mais je vais m’en tenir à ASSASSIN’S CREED, merci.

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4 thoughts on “Bilan Découverte: Dark Souls 2: Scholar of the First Sin

  1. J’imagine donc, à la lecture de cet article, que Dark Souls n’est absolument pas fait pour moi! Jouer à un jeu c’est toujours relever des défis et c’est dans notre réussite que le plaisir naît. Mais, s’il y a plus de défaites que de réussites, personnellement, je vais m’ennuyer et me détester! Je suis un ‘casual player’. Je n’aime pas me casser la tête. Je veux jouer et comprendre vite et je veux du bonheur vite! Mais, tant mieux si Dark Souls attirent un public de vaillants et persistants joueurs!

    Aimé par 1 personne

    1. Je suis content qu’il y ait un public pour des jeux comme DARK SOULS. On le voit dans la popularité d’un jeu comme BLOODBORNE et l’engouement pour DARK SOULS 3. Je pense qu’il faut énormément de variété pour satisfaire tous les types de joueurs et éviter de faire des mécontents. Exemple classique? Dans un MMO, quand les développeurs essayent d’inclure des éléments de styles trop différents pour satisfaire le plus large éventail de clientèle possible, la base des joueurs se fractionne, des tensions se créent et le jeu finit par ne plus plaire à personne. Non, il faut des jeux qui correspondent à des créneaux très spécifiques. L’important c’est qu’en tant que joueur, il faut bien connaître ses goûts et ne pas se forcer à pénétrer de force dans des créneaux qui n’ont tout simplement pas été conçus pour nous.

      Aimé par 1 personne

  2. On ne se le cachera pas, Dark Souls fonctionne sous les mêmes préceptes que le sadomasochisme. Ça ou bien être pogné dans un bus bondé et avoir envie de pisser: 30 minutes de torture pour 15 secondes de plaisir. Une explosion de plaisir dans ton cerveau reptilien, bref.

    Et comme pas mal de choses qui touchent à cette zone-là, ça devient addictif.

    Sans farce, tu revisiteras le jeu dans quelques mois. La raison pour laquelle je te dis ça, c’est que j’ai longtemps eu une relation amour-haine avec cette série. J’ai acheté Demon’s Soul et l’ai revendu à un ami en disant que c’était de la caliss de marde. Il a adoré ça. J’me suis laissé emporter par la vague de Dark Souls, et je l’ai revendu. Je l’ai racheté un an plus tard à 20 $ et je suis resté pogné sur un boss au début et j’ai abdiqué. J’adore les jeux durs en plus, j’ai terminé les plus durs au nes et jamais auparavant un jeu avait survécu à mes mains. Sauf celui-là…

    Comme je suis vraiment idiot, j’ai regardé les vidéos de Dark Souls 2 avant la sortie, et j’ai repris Dark Souls après avoir qu’un ami me montre quelques trucs. Et à ce moment là, j’ai enfin eu la piqûre. J’ai claqué 70 heures sur le premier et ensuite 70 autres sur le 2e. J’ai mangé Bloodborne durant mon congé de paternité en 1 semaine. J’ai refait le 1, j’ai refait le 2. J’attends le 3 avec impatience.

    T’aurais au moins essayé!

    Aimé par 1 personne

    1. « Fais-moi mal, Johnny », c’est pas vraiment mon fort. Je peux te GARANTIR que je retournerai pas à ce jeu, même dans deux ans. Comme je disais à enson8502, l’important c’est de savoir ce qui est pour nous et ce qui ne l’est pas. Encore plus important, c’est de ne jamais perdre de vue que ce qui n’est pas pour nous n’est pas nécessairement mauvais. Il y a des gens qui aiment le chou Kale, d’autres qui aiment être être fouettés avec des fettucine cuits, et d’autres qui aiment jouer à Dark Souls.

      Mais ça ne veut pas dire qu’ils faut se camper sur ses positions non plus et c’est pourquoi j’ai essayé Dark Souls 2. Il faut toujours chercher à élargir ses horizons et essayer de nouvelles choses.

      Sauf pour les fettucine. Ça c’est juste trop bizarre.

      J’aime

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